Soutien au projet d'élevage porcin de Taravao. Spécial

Suite à la publication dans les médias de la création d'un collectif s'insurgeant contre le projet d’installation d’un élevage porcin par la SCEA POLYCULTURES sur le plateau de Taravao, la chambre de l'agriculture et de la pêche lagonaire (CAPL) souhaite apporter publiquement son soutien au projet.

La CAPL est l’établissement consultatif et représentatif des intérêts des professionnels du monde agricole.

L'exploitation agricole concernée, bien connue des agents de la CAPL pour leur professionnalisme et leur grande implication en matière d'élevage bovin, a pris le soin, avant même de démarrer l'étude de ce nouvel élevage, de prendre contact avec notre établissement et les groupements d'éleveurs de porc existants pour présenter son projet.

L’ensemble des acteurs économiques a accueilli favorablement le projet parce qu’il s'inscrit dans une perspective de développement de la filière porcine, garantissant la création d'emplois et d'activités pour notre pays. Ce projet s’inscrit pleinement dans les orientations de développement de l'économie verte de nos filières agricoles du Pays.

La filière porcine est une filière d'élevage importante sur le territoire principalement pour les raisons suivantes:

- C'est une activité économique dont les débouchés existent et sont attendus dans les commerces d'alimentation animale, les usines de transformation ou encore le secteur de la distribution ;

- L’activité économique de l'abattoir de Tahiti (l’unique outil pour le monde agricole) est très dépendante des volumes de porc produits par les élevages porcins ;

- Le lycée agricole qui possède également un élevage porcin et forme nos jeunes polynésiens, voit ces derniers rencontrer des difficultés pour trouver un stage ou un lieu de perfectionnement de leurs connaissances scolaires en matière d'élevage.

Toutefois, malgré son importance réelle dans l'agriculture polynésienne, la filière porcine rencontre de nombreuses difficultés depuis ces dix dernières années:

En 2010 nos 32 élevages des IDV représentaient 121000 têtes pour 1 061 tonnes de viandes porcines produites.

En 2017, nous ne comptons plus que 23 élevages dont 10 seulement arrivent à fournir régulièrement l'abattoir, pour un total de 7 965 têtes et 800 tonnes de viande porcines produites.

Cette diminution importante de l'activité porcine s'explique par l'augmentation des élevages vieillissants et la forte pression de l'urbanisme.

Pourtant le marché de la viande de porc existe bel et bien, nos éleveurs actuels ont des difficultés à fournir l'abattoir à la hauteur de son besoin, et dans les magasins on note une raréfaction de viandes de porc fraîches au détriment des demandes des consommateurs. 

Il est important de savoir que près de 70% de la viande porcine consommée en Polynésie est importée pour pallier au manque de production locale.

Sans détailler les impacts négatifs relatifs aux importations de produits, (empreinte carbone, etc...) nous nous demandons comment contrôler la qualité des élevages des autres territoires de la même manière que nos élevages locaux? En effet, lorsque nous produisons localement, nous pouvons rencontrer le producteur, visiter son élevage et l'accompagner pour garantir au consommateur que sa viande sera de qualité et que le bien être des animaux sera respecté.

Concernant le projet d'élevage du Plateau, l'ensemble des acteurs (publics/privés) sont et seront attentifs aux études en cours et aux travaux le cas échéant.

Le pré projet présenté prend en considération l'impact de l'activité d'élevage et la santé animale, suivant les normes européennes et françaises en la matière.

Nous sommes persuadés qu'un nouvel élevage, à la pointe des exigences sanitaires européennes, permettra de tirer vers le haut la filière, tant en quantité qu'en qualité.

Enfin, nous souhaiterions aborder le sujet des lisiers (déjections des animaux).

L'objectif du Pays, partagé par la CAPL est d'orienter la production locale vers une production en agriculture biologique. Cette dernière, pour ce faire, peut nécessiter des engrais naturels qui amélioreront le sol pour mieux nourrir les plantes.

Il est reconnu qu'un sol, avec une fertilisation en matière organique maîtrisée, permettra de nourrir une plante de manière bien plus efficace que par l'utilisation d'une fertilisation chimique minérale. (Tout en évitant les lessivages dans le sol liés aux surdoses d'engrais azoté...)

Ces déchets d'élevage, matières organiques fertilisantes, si certains les voient comme une source de problème futur, une bonne partie des agriculteurs les voient comme une ressource naturelle locale à grande valeur agronomique.

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Notre objectif est d'aller vers l'autosuffisance alimentaire.

Même si cet objectif n'est pas envisagé à court terme, nous restons persuadés que nous avons besoins de montrer, par l'augmentation et la création d'activité, que les métiers d'agriculteur et d'éleveur ont leur place dans l'économie du Pays.

Nous voulons tous "Manger Local",

Il faut donc que nos agriculteurs et nos éleveurs puissent "Produire Local"

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